Nos demandes
Mettre en action un chantier interministériel en faveur de la lecture
Faire de la lecture une priorité nationale en misant sur une approche transversale et concertée, c’est inviter tous les ministères à travailler main dans la main avec les acteurs de la société civile. L’objectif ? Penser des actions et des politiques concrètes visant à accroître le nombre de lectrices et lecteurs au Québec et à valoriser le plaisir de lire. Les principaux acteurs du livre au Québec sont prêts à s’investir pleinement dans ce grand projet de société. Le développement des pratiques de lecture a le potentiel de devenir un grand projet rassembleur qui témoigne d’une volonté collective de faire du Québec une société meilleure.
Favoriser et protéger l’accès au livre à l’école
Faire de la lecture une priorité nationale commence à l’école. Des écoles bien dotées en livres diversifiés, actuels et ancrés dans la production québécoise sont une condition essentielle au développement du plaisir de lire et à la réussite éducative. Les investissements en acquisition de livres doivent être prévisibles, suffisants et protégés pour soutenir durablement l’accessibilité à la lecture sur l’ensemble du territoire.
Favoriser le développement des bibliothèques scolaires et des coins lecture en classe permet par ailleurs au personnel enseignant et aux bibliothécaires scolaires de jouer pleinement leur rôle de passeurs culturels auprès de la jeune génération. D’une région à l’autre, toutes les écoles québécoises devraient pouvoir disposer d’une vaste offre de livres neufs afin de stimuler la curiosité des jeunes, leur ouverture sur le monde et leur développement cognitif, intellectuel et social.
Le Bilan Gaspard 2025 du marché du livre témoignait d’une baisse importante (7,6 %) des ventes aux collectivités. Cela représente environ 250 000 livres jeunesse qui n’ont pas rejoint leur public l’an dernier. Alors qu’une simplification des enveloppes budgétaires en éducation est à l’étude, il est urgent de rappeler que le livre ne doit pas être mis en concurrence avec les activités culturelles et sportives. Pilier transversal de tous les apprentissages, le livre est un levier reconnu de persévérance scolaire, de réduction des inégalités et de participation citoyenne. Fragiliser son financement revient à compromettre ces objectifs, tout en portant atteinte à l’écosystème culturel.
Reconnaître le rôle fondamental du secteur du livre
Une société ayant la lecture comme priorité nationale reconnaît le rôle prépondérant de l’écosystème du livre dans la vitalité du paysage culturel d’ici. Les créatrices et les créateurs, les librairies indépendantes et les maisons d’édition québécoises sont des acteurs-clés dans la production et la circulation des œuvres sur l’ensemble du territoire. Ils contribuent fièrement à la bibliodiversité.
Dans un contexte de fortes pressions économiques, de concurrence des grandes plateformes étrangères et du développement accéléré de l’intelligence artificielle, ce secteur a besoin de mesures adaptées et d’un financement bonifié pour continuer à accomplir pleinement sa mission culturelle et économique, tout en stimulant la découvrabilité des œuvres d’ici.
Soutenir la modernisation des bibliothèques publiques
Lieux essentiels de culture, d’apprentissage et de participation citoyenne, les bibliothèques publiques font face aux besoins croissants de la population. Si certaines municipalités se distinguent par la modernisation de leurs installations, on constate néanmoins de grandes disparités dans la qualité des investissements, ce qui affecte l’équité entre les citoyennes et citoyens des différentes municipalités québécoises. Prioriser la lecture devrait donc s’accompagner d’une augmentation des ressources dans le réseau des bibliothèques publiques pour améliorer son efficacité.
Par ailleurs, afin d’offrir des services modernes qui répondent aux besoins locaux, il demeure essentiel de continuer à améliorer le système des bibliothèques publiques du Québec. Cela passe par la création d’un plan national d’investissements, incluant un soutien accru aux municipalités pour enrichir leurs collections et un appui important aux projets d’immobilisations. De manière plus prioritaire encore, le manque de personnel qualifié dans les bibliothèques publiques autonomes est un obstacle important à la qualité et à l’accessibilité des services. Pour soutenir durablement la formation, l’attraction et la rétention du personnel, un diagnostic provincial et un plan d’action sont nécessaires.